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La préparation de la préparation…

Camarades Lagopèdes, je vous ai trahi. Oui, j’ai fait une escapade dans le Ventoux en amont de notre petite sortie.

Ca ne se fait pas, je sais, mais je n’ai pas pu résister.

Croisée de chemins au pied du Ventoux (GR91)

Parking aux Fébriers à 7h30. Pas de vent, il doit faire zéro. Je pars avec la polaire mais elle finit rapidement dans le sac. Je monte au dessus de Counillon, si mes souvenirs sont bons, c’est le « Chemin du facteur ».  Les facteurs d’antan avaient de bonnes jambes quand même…

Le chemin vers la fontaine de Serrette part entre les deux cairns

Le chemin vers la fontaine de Serrette part entre les deux cairns

En passant, je farfouille un peu pour trouver la fontaine de Serrette. Pas très dur, il y a deux cairns sur la gauche du chemin. Un petit sentier sous les chênes verts et on entend le bruit de l’eau rapidement. C’est assez étonnant dans le massif d’ailleurs. A part Fontfiole, les sources c’est plutôt du goutte à goute inaudible. Visiblement je ne suis pas leur seul à chercher de l’eau, vu la quantité de poils sur le sentier qui mène à la fontaine.

Poils sur le sentier de Serrette

Fontaine de Serrette

Je m’attends à trouver de la neige à 1200m, vu qu’un petit grain est passé hier sur le flanc sud et que c’était l’altitude de l’isotherme 0°. En fait, quelques plaques de vieille neige sont visibles dès le jas des Landerots, à 1000m.

La visibilité est extraordinaire. On voit l’ensemble des alpilles, le lubéron, le mont Aigoual à 135km, le plateau de Sault enneigé.

Jas de Baumasson

Et voila, j’arrive au début « du » Baumasson. Dans mon souvenir d’il y a 20 ans, c’est un ogre mangeur de jambes qui transforme les pauvres randonneurs en hommes troncs. Un sentier qui file droit dans la pente, comme tous ceux du versant sud, mais avec une pente à 30%.

Le Baumassaon

Au final, c’est bien moins terrible que dans mon souvenir. Probablement que la douleur de l’époque m’avait été plus infligée par ce couple de randonneurs qui auraient pu être mes grands parents et qui m’avait doublé dans la montée sans avoir l’air de forcer, alors que j’étais au bord de l’agonie.

Depuis le début du Baumasson, tout est blanc. Je n’ai pas mes raquettes, mais la neige est dure. Des prédécesseurs ont eu moins de chance. Leurs empreintes s’enfoncent jusqu’a 80 cm parfois, ce qui laissé entrevoir un bon mètre de neige ici, à 1500m sur le versant sud, vraiment incroyable. Je suivrai leur trace jusqu’a 1700m d’altitude, ils ont du en baver avec de la neige jusqu’au genouilles…

Arrivé à la piste, je choisis de ne pas la suivre jusqu’au jas des pèlerins, comme prévu. Je préfère continuer derrière les traces qui traversent la piste et passent près d’un cairn, en montant dans la pente sous les sapins.

Mais voila, la neige est un peu moins dure, et je commence aussi à m’enfoncer profondément dans ce bon mètre d’épaisseur. La pente est raide, la croute de glace refuse parfois de supporter mon poids…Après 150m de dénivellée de ce traitement un peu rude, je me dis que le Baumasson finalement, ce n’est pas si terrible et décide de ne plus suivre ces traces qui me guident depuis le jas de Baumasson, et qui virent un peu trop à l’ouest à mon goût. Visiblement, son auteur était à la descente, ce qui a du soulager un peu la difficulté du chemin, mais quand même… J’espère que la couverture de survie entrevue dans le jas n’était pas à lui.

Direction nord-est. Ca monte très raide, la neige est très dûre. Il faut planter la pointe des chaussures dans la pente pour ne pas glisser. Le vent commence à souffler, tout est blanc… je m’attendrais presque à croiser des sternes arctiques et des rennes…

Vallon entre Bérard et Petit-Clos

Traces de skis, de raquettes, je n’ai croisé personne depuis le départ mais visiblement il y a du passage. Je suivrai la trace de raquettes jusqu’à la chapelle.

A l'approche des crêtes

Le sommet approche

C'est par où ?

A la chapelle, ambiance grand nord : elle est complètement prise dans la neige et le givre, le vent est furieux à l’approche de la crête. A l’intérieur, la neige touche le plafond à coté de la porte. Pour compléter le tableau, ski de rando et pulka sont posés à l’entrée de la chapelle !

Chapelle Sainte Croix

Le propriétaire habite à Beaumes de Venise. Ca doit être le seul vauclusien propriétaire d’une pulka ! Ils me proposent un thé, mais bon, je n’ai pas amené le réchaud pour être léger, accepter ça serait tricher un peu.

Je me mets en route pour redescendre. Le passage de cirrus dans la matinée et les erreurs constamment à la hausse de mon altimètre confirment les prévisions météo qui annoncent la pluie pour la fin d’après midi. La visibilité n’est d’ailleurs pas au niveau de ce que j’espérais en montant.

Pour la descente, je choisis la facilité, pour éviter de trop galérer dans la neige profonde. Combe Fiole, jas de la Couanche, combe d’Ansis et les Fébriers.

L'opposition au projet de parc est parfois... désordonnée !

Un aiguier façon Bouygues...

C’est le trajet que l’on empruntera fin Mars pour monter à la Frache via le sommet. Ca a déja l’air long à la descente. Arrivée à la voiture à 16h sous les premières gouttes, avec les gros orteils un peu chaud. J’ai beau avoir fait 300 bornes avec ces chaussures, c’est pas encore ça. Je dois avoir les pieds mal foutus…

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02 2010

Trois jours dans le Ventoux

Pendant que l’Eyjaflallajokul fait des siennes, nous sommes donc allés prendre l’air pur, mais surtout frais et humide du Ventoux, histoire de tester les hommes et le matériel.
On avait choisi l’endroit et cette période pour avoir un climat si possible proche de celui de l’Islande. C’est réussi : pas un chat, temperatures à zéro, brouillard, pluie parfois torrentielles, vent démentiel… tout y était. Même la neige, qui pourtant n’était pas requise. Il ne manquait plus que les gués.

Premier Jour

Départ 6h15, au lieu de 6h. Un exploit. Arrivée à Sainte Colombe trois heures plus tard et mise en route vers les Fébriers à 9h45. Ca s’annonce bien coté timing.
Montée sur le chemin du facteur, et petit crochet par la fontaire de Serrette, toujours au rendez vous avec son petit filet limpide. Je serais seul à y faire de l’eau. J’aurais économisé 2kg de portage sur le premier kilomètre. Il n’y a pas de petit profit.

Remise en route, arrivée au Jas des Landerots. Je sais ce que ça veut dire, le Baumasson (voir ici pour faire connaissance) n’est pas loin. On entre dans la douce petite forêt qui le précède, petite caresse avant la grande claque.
Philippe m’avait demandé de ne pas le prévenir quand on y arrivait pour éviter d’être démoralisé à l’avance. Pas de chance, au bout de 10 pas, il avait déja compris ou il était…
Comme prévu Ben musarde à droite et à gauche. Le Baumasson lui fait autant d’effet qu’une piqure de moustique à un éléphant. En voyant ça, je me dis que quand même, il a une bonne tête de vainqueur pour porter notre tente commune pour les deux jours qui suivent :)

Casse croute en haut du Baumasson et première entorse au règlement: des saucissons, une bande de petits et un gros, sortent des sacs. Un véritable cauchemard de douanier Islandais !
J’accepte de me faire corrompre, histoire de ne pas faire culpabiliser mes camarades de cochonailles.

Reprise des hostilités, direction le sommet. Tout est uniformément blanc, le ciel et la terre sont indiscernables. Arrivée en haut, dierction la fontaine de la Grave par la route dégagée.
Pas de chance, il n’y a plus de fontaine, juste un bon tas de neige qu’il faudrait déblayer pour faire de l’eau. On fera donc sans.

Nous sommes partis sans raquettes, malgré les tuyaux de notre informateur sur place. Nous savions que nous devrions porter les raquettes trois jours pour trois heures d’utilisation si nous les prenions. On en a donc pas mal bavé à partir de 1400m, nous enfonçant de 50 à 80cm tous les deux pas… Du coup, vu l’enneigement et la fatigue, nous avons laissé tomber notre objectif initial (le col de la Frache, pourtant seulement à 1km), pour un petit mamelon aperçu en contrebas, qui semblait en terre et surtout sans neige, un vrai plus pour planter la tente.

A l’arrivée, le mamelon était bien en terre (avec quand même les indispensables cailloux pour énerver un peu Philippe), et surtout très bien exposé au vent… l’occasion idéale de tester la resistance au vent de nos tentes.
Les tentes ont bien résisté, ceux qui dormaient dedans moins !

Jour 2

Au sortir de la tente, Philippe est dehors, tente pliée, prêt à partir. Comment a t’il fait pour démonter sa tente avec ce vent ? Je le soupçonne d’avoir un camion d’assistance pas loin.
Démontage de la tente sous la pluie, descente dans la neige jusqu’a la Font d’Angiou. La fatigue de la veille avait envoyé tout le monde au lit dès que les tentes étaient montées. L’arrêt à la source est donc l’occasion de faire une halte réchaud/lyophilisé.

Remise en route, direction le GR des Jas, puis la source de la Canaud. Impossible d’y faire de l’eau, le petit bassin d’alimentation sert de nurserie à une bande de tétards… Pas de filtre, que des pastilles. On fera donc avec l’eau qu’il nous reste.

Après d’âpres négociations et quelques arguments fallacieux s’appuyant sur des chiffres mensongers (il faudra s’y faire les gars :) ), j’arrive à décider tout le monde à faire la grimpette pour aller s’installer à la chapelle St Jean. Dans la montée, Ben n’est pas si fatigué que ça finalement. Au bout de dix minutes, il a pris assez d’avance pour disparaître malgré la raideur de la pente.

Soirée lyo puis nuit réparatrice à l’abri du vent.

Dernier jour

Au sortir de la tente, c’est maintenant une habitude, Philippe plie tout en 5 minutes. Départ vers notre prochain point d’eau. Le coup des tétards d’hier a un peu contrarié notre beau planning de remplissage.
Arrivée à la fontaine Breyguette, pas de chance: c’est un réservoir. L’eau y semble claire, mais on imagine maints cadavres de bestiaux flottants hors de notre vue et préférons renoncer à la boire. La seule eau que nous aurons jusqu’a Flassan, c’est celle que l’orage va deverser sur nous en cascades jusqu’au village, accompagnée d’éclairs un peu trop proches, de coups de tonnerre assourdissants et de billes de grêle qui martellent les sacs.

Malgré la quantité d’eau tombée en un heure, nous restonts quasiment aussi secs que la source de l’Auzon que nous croisons en chemin.

Arrivée à Flassan, nous investissons le lavoir, faisons de l’eau après avoir effectué un brainstorming sur « qui de la fontaine ou du lavoir est en aval de l’autre ». Question importante s’il en est. Géographiquement, le lavoir est certainement en amont de la fontainte, mais l’eau de la fontaine provient elle du lavoir ? Question insondable qui hante encore nos nuits…

Poursuite du chemin, nous perdons le GR sur quelques centaines de mêtres, à cause d’une carte pas très à jour. Nous envahissons la terrasse d’une résidence secondaire abandonnée jusqu’à la « saison ». Nous sommes contre la propriété privée surtout quand cela nous permet de faire sécher nos affaires (le sac n’est pas aussi étanche que nos vètements) et gueuletonner sur une terasse ensoleillée. Donc merci aux propriétaires qui reconnaitront peut être leur bien sur la photo.

Petite pose photo avec le Ventoux en arrière plan, histoire de faire l’indispensable photo de groupe. L’occasion rêvée de perdre mes lunettes, que je reviendrais chercher après la fin de notre étape (qui ne se trouve qu’a 2km par chance).

Un crochet par les demoiselles coiffées, contraste avec l’ambiance calcaire du Ventoux, et arrivée à Ste Colombe, notre point de départ trois jours plus tôt.

Quelques vidéos du périple (cliquez sur ▮◀ et ▶▮ pour passer d’une vidéo à l’autre).

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La trace des trois jours au format GPX et au

format KMZ pour GoogleEarth.

L’album photo est ici. La carte ci-dessous présente une partie des photos géolocalisées.

Le rapport uTrack, pour les amateurs de chiffres…

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03 2010