Jour 14 : Uxatindar – Skaelingar (20 août)
Sveinstindur attendra
Quelque part entre Skaelingar et Eddgja, le 20 août 2010
- ~ 15km
- D+ ?/ D- ?
- la carte du jour
Ce matin, départ tranquille. Nous profitons un peu du soleil, avant de lever le camp vers 11h. Cap au nord, entre deux proéminences d’Uxatindar. Nous descendons tant bien que mal dans un canyon qui alimente un lac. Une autre arrivée d’eau alimente aussi ce lac, dans lequel se mélangent une eau claire et une eau laiteuse.
Étrangement, ce lac est prisonnier : il ne se déverse pas dans la Skafta. Il se vidange probablement par infiltration dans le sol marneux, fait de boues blanchâtres.
Notre incursion au nord se termine ici, il faut revenir vers Skaelingar. Nous ne verrons ni Sveinstindur, ni le Langisor cette fois. Nous rentrons par l’est d’Uxatindar, empruntant un sentier en balcon qui s’avèrera périlleux, avec des passages juste assez larges pour une chaussure, et ou la chute est interdite.
Après réflexion, nous nous souviendrons des mots de Robert : « Don’t take this path, it’s not good ». Ha oui, c’est vrai, Robert nous avait déconseillé de passer par là. On comprend pourquoi, mais un peu tard.
Derniers panoramas, maintenant la pluie arrive. Après être repassés à quelques mètres de notre campement de la veille, nous croisons un groupe de trois allemands : un homme accompagné de deux femmes. Le gars a carrément un bateau pneumatique dans son sac monstrueux (ça doit être un disciple de BigFoot). Ils comptaient traverser la Skafta avec depuis le Lakagigar, mais ont du renoncer pour cause d’envie de vivre. Ils se trimbalent 3 semaines de bouffe dans le sac, 1100 Kcal /jour ! Comme régime, y’a pas mieux ! Malgré la privation de nourriture et son sac énorme, le gars à l’air d’avoir la super pêche. Faudra que j’essaye de voyager avec deux minettes la prochaine fois.
Nous empruntons la piste de 4×4 pour arriver à au refuge de Skaelingar. Il est vraiment très chouette, très similaire à celui d’Alftavatnkrokur. Il est entouré de formations de lave ressemblant à des troncs d’arbres pétrifiés. Nous en profitons pour faire une pause soupe, après avoir glissé quelques couronnes dans la boite à sous pour le gaz. Je dépose aussi le livre emprunté à Emstrur, dont je n’ai lu que deux pages au prix d’un effort surhumain.
Nous avançons encore de quelques kilomètres lorsque nous croisons deux fois Robert, le ranger du parc du Vatnajökull qui fait sa tournée. Il nous donne quelques infos sur Ofaerufoss, la cascade d’Eldgja, et nous indique un pont naturel pas très loin d’ici pour traverser la rivière à venir.
Quelques kilomètres avant Eldgja, nous nous installons sur la lave pour planter notre camp pour la nuit.
21h. Philippe et Ben sont couchés. Les nuages se déchirent une dernière fois pour laisser passer un rayon de soleil. Le vent se lève doucement.
23h. Ça souffle fort. Je n’avais pas haubané la tente et elle secoue dans tous les sens. Ben n’est visiblement pas inquiet de la situation et ronfle comme un loir. Mais là, impossible de dormir. Je me décide à sortir du duvet pour me rhabiller et partir à la chasse au cailloux pour haubaner la tente. Un Islandais m’avait dit en montant sa tente : « Always prepare for the worst », conseil de bon sens ici que j’aurais dû suivre. Pourtant, le baromètre n’a pas bronché.
Philippe m’entend sortir et me rejoint. Nous faisons des allers-retours avec des cailloux énormes. Je tire les haubans et coiffe les piquets qui ne tiendront pas longtemps sans eux dans le sol sabloneux. Malgré l’effort, la température clémente (5°C) et toutes les couches disponibles, je suis congelé.
Entre le vent et le bruit de la Skafta à proximité, c’est boules quiès obligatoires. La tente (à l’envers, bien sûr), gigote dans tous les sens avec un bruit infernal. On ne devrait pas avoir de souci de condensation cette nuit…
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