Jour 13 : Skaftafell – Eldgjá – Uxatindar (19 août)
Dans la pampa
Quelque part vers Uxatindar, le 19 août 2010
- ~ 15km
- D+ ?/ D- ?
- la carte du jour
20h30, tout le monde dort. Le grand beau temps s’est évanoui quand le soleil est passé derrière la montagne. La brume et le froid sont arrivés, poussés par le vent. Il fait 6°.
Ce matin, branle bas de combat à 6h15. La bataille du sèche linge d’hier n’a pas suffit : je repasse au coup quelques vêtements en vitesse dans le séchoir.
Le bus démarre à 8h, pour s’arrêter longuement minutes plus tard à « Islandia Hotel », un nom bien pompeux pour une ferme pas très jolie reconvertie en guest house. Pour changer, un lot de français, voyagisés par Allibert, en sort et s’engouffre dans le bus. Évidemment, un troupeau de français, c’est un troupeau de français : ça gueule, ça éructe, sa raconte sa vie passionnante, le tout sans se soucier le moins du monde des colocataires qui s’en tapent complètement de leur dernière sortie en 4×4 au Maroc, de la coupe du monde, ou des varices de madame. Dieu a inventé le MP3 spécifiquement pour supporter les groupes de français en vacances. Je me promets de bruler un cierge à la première occasion, et appuie sur « play ».
Nouveau passage devant la plaine des tétons avant d’arriver à Kirk ou le bus fait une pause. Raid sur le salami Islandais. Nous arrivons à Eldja avec une heure de retard, merci Allibert.
Descente à Eldgjá, comme tout le monde, mais nous ne reviendrons pas. Ben propose de monter direct sur la crête, et nous suivons le canyon depuis les hauteurs jusqu’au sommet du Gjatindur. Philippe n’a pas l’air en super forme ce matin, et il a fallu insister un peu pour monter au sommet. Vu que nous voulons retourner un jour à Landmannalaugar, c’est mort pour monter au sommet de Sveinstindur. C’est donc notre dernière occase du voyage de s’offrir un beau panorama.
Arrivés en haut, nous ne sommes pas déçus. Le temps est excellent et le regard porte très loin : on voit Skaelingar, la mer, Uxatindar, les laves du Laki, plusieurs glaciers (Myrdalsjökull, Vatnajökull, Torfajökull), Eldgja, des collines vers Landmannalaugar, et même le Hvannadalshnjúkur, le plus haut sommet d’Islande, sous lequel nous étions hier. Nous resterons une bonne demi heure à contempler le panorama en silence.
Nous descendons par les crêtes jusqu’au lac Blautulon. Ça serait pas mal comme endroit pour bivouaquer mais nous voulons avancer, nous n’avons fait que 10 km.
Nous marchons maintenant au fond d’un canyon sec, pour déboucher dans une petite vallée qui sera notre camp pour ce soir. Nous plantons les tentes sous Uxatindar, magnifique montagnette, et à coté d’un cours d’eau minuscule mais suffisant pour « faire de l’eau » et un peu de toilette.
Le soleil brille, la température est clémente, impossible de faire autre chose que de s’allonger dans la mousse épaisse et rêvasser. Il n’y a pas le moindre bruit. Aucun. Le silence absolu. À tel point que l’on peut entendre son propre « bruit de fond », étrange expérience. Pas d’odeur non plus, et le ciel au dessus de nos têtes est vide. Pas de nuages, pas de traces d’avion. Le seul sens qui fonctionne, c’est le toucher. Les rares souffles d’air et la douceur de la mousse vous rappellent que vous êtes encore sur terre.
Le soleil finit par se cacher derrière les montagnes. La brume profite de l’aubaine pour envahir notre petite vallée. Le froid suit rapidement, et un petit vent s’y met aussi, changeant de direction sans arrêt histoire de nous dire « Inutile de chercher, ce soir votre tente ne sera pas face au vent ».
Et comme à chaque fois que le vent tourne, je suis du coté de la toile au vent. Conséquence : je suis mouillé au réveil, après que la toile imprégnée de condensation se soit essuyée sur moi toute la nuit.
Mais il ne faut pas être trop exigeant non plus. Pas de pluie, « Today has been ok ».
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1) The author wrote: »(…)des varices de madame ».
mais il a oublié de terminer sa phrase qui devrait donc donner:
« (…) des varices de madame et des ennuis de prostate de monsieur. »
2) Pourquoi ne nous a-t-on jamais parlé auparavant de la vamp au foulard qui vous accompagnait ? Omission ou dissimulation volontaire ?
anonyme