Trois jours dans le Ventoux
Pendant que l’Eyjaflallajokul fait des siennes, nous sommes donc allés prendre l’air pur, mais surtout frais et humide du Ventoux, histoire de tester les hommes et le matériel.
On avait choisi l’endroit et cette période pour avoir un climat si possible proche de celui de l’Islande. C’est réussi : pas un chat, temperatures à zéro, brouillard, pluie parfois torrentielles, vent démentiel… tout y était. Même la neige, qui pourtant n’était pas requise. Il ne manquait plus que les gués.
Premier Jour
Départ 6h15, au lieu de 6h. Un exploit. Arrivée à Sainte Colombe trois heures plus tard et mise en route vers les Fébriers à 9h45. Ca s’annonce bien coté timing.
Montée sur le chemin du facteur, et petit crochet par la fontaire de Serrette, toujours au rendez vous avec son petit filet limpide. Je serais seul à y faire de l’eau. J’aurais économisé 2kg de portage sur le premier kilomètre. Il n’y a pas de petit profit.
Remise en route, arrivée au Jas des Landerots. Je sais ce que ça veut dire, le Baumasson (voir ici pour faire connaissance) n’est pas loin. On entre dans la douce petite forêt qui le précède, petite caresse avant la grande claque.
Philippe m’avait demandé de ne pas le prévenir quand on y arrivait pour éviter d’être démoralisé à l’avance. Pas de chance, au bout de 10 pas, il avait déja compris ou il était…
Comme prévu Ben musarde à droite et à gauche. Le Baumasson lui fait autant d’effet qu’une piqure de moustique à un éléphant. En voyant ça, je me dis que quand même, il a une bonne tête de vainqueur pour porter notre tente commune pour les deux jours qui suivent
Casse croute en haut du Baumasson et première entorse au règlement: des saucissons, une bande de petits et un gros, sortent des sacs. Un véritable cauchemard de douanier Islandais !
J’accepte de me faire corrompre, histoire de ne pas faire culpabiliser mes camarades de cochonailles.
Reprise des hostilités, direction le sommet. Tout est uniformément blanc, le ciel et la terre sont indiscernables. Arrivée en haut, dierction la fontaine de la Grave par la route dégagée.
Pas de chance, il n’y a plus de fontaine, juste un bon tas de neige qu’il faudrait déblayer pour faire de l’eau. On fera donc sans.
Nous sommes partis sans raquettes, malgré les tuyaux de notre informateur sur place. Nous savions que nous devrions porter les raquettes trois jours pour trois heures d’utilisation si nous les prenions. On en a donc pas mal bavé à partir de 1400m, nous enfonçant de 50 à 80cm tous les deux pas… Du coup, vu l’enneigement et la fatigue, nous avons laissé tomber notre objectif initial (le col de la Frache, pourtant seulement à 1km), pour un petit mamelon aperçu en contrebas, qui semblait en terre et surtout sans neige, un vrai plus pour planter la tente.
A l’arrivée, le mamelon était bien en terre (avec quand même les indispensables cailloux pour énerver un peu Philippe), et surtout très bien exposé au vent… l’occasion idéale de tester la resistance au vent de nos tentes.
Les tentes ont bien résisté, ceux qui dormaient dedans moins !
Jour 2
Au sortir de la tente, Philippe est dehors, tente pliée, prêt à partir. Comment a t’il fait pour démonter sa tente avec ce vent ? Je le soupçonne d’avoir un camion d’assistance pas loin.
Démontage de la tente sous la pluie, descente dans la neige jusqu’a la Font d’Angiou. La fatigue de la veille avait envoyé tout le monde au lit dès que les tentes étaient montées. L’arrêt à la source est donc l’occasion de faire une halte réchaud/lyophilisé.
Remise en route, direction le GR des Jas, puis la source de la Canaud. Impossible d’y faire de l’eau, le petit bassin d’alimentation sert de nurserie à une bande de tétards… Pas de filtre, que des pastilles. On fera donc avec l’eau qu’il nous reste.
Après d’âpres négociations et quelques arguments fallacieux s’appuyant sur des chiffres mensongers (il faudra s’y faire les gars
), j’arrive à décider tout le monde à faire la grimpette pour aller s’installer à la chapelle St Jean. Dans la montée, Ben n’est pas si fatigué que ça finalement. Au bout de dix minutes, il a pris assez d’avance pour disparaître malgré la raideur de la pente.
Soirée lyo puis nuit réparatrice à l’abri du vent.
Dernier jour
Au sortir de la tente, c’est maintenant une habitude, Philippe plie tout en 5 minutes. Départ vers notre prochain point d’eau. Le coup des tétards d’hier a un peu contrarié notre beau planning de remplissage.
Arrivée à la fontaine Breyguette, pas de chance: c’est un réservoir. L’eau y semble claire, mais on imagine maints cadavres de bestiaux flottants hors de notre vue et préférons renoncer à la boire. La seule eau que nous aurons jusqu’a Flassan, c’est celle que l’orage va deverser sur nous en cascades jusqu’au village, accompagnée d’éclairs un peu trop proches, de coups de tonnerre assourdissants et de billes de grêle qui martellent les sacs.
Malgré la quantité d’eau tombée en un heure, nous restonts quasiment aussi secs que la source de l’Auzon que nous croisons en chemin.
Arrivée à Flassan, nous investissons le lavoir, faisons de l’eau après avoir effectué un brainstorming sur « qui de la fontaine ou du lavoir est en aval de l’autre ». Question importante s’il en est. Géographiquement, le lavoir est certainement en amont de la fontainte, mais l’eau de la fontaine provient elle du lavoir ? Question insondable qui hante encore nos nuits…
Poursuite du chemin, nous perdons le GR sur quelques centaines de mêtres, à cause d’une carte pas très à jour. Nous envahissons la terrasse d’une résidence secondaire abandonnée jusqu’à la « saison ». Nous sommes contre la propriété privée surtout quand cela nous permet de faire sécher nos affaires (le sac n’est pas aussi étanche que nos vètements) et gueuletonner sur une terasse ensoleillée. Donc merci aux propriétaires qui reconnaitront peut être leur bien sur la photo.
Petite pose photo avec le Ventoux en arrière plan, histoire de faire l’indispensable photo de groupe. L’occasion rêvée de perdre mes lunettes, que je reviendrais chercher après la fin de notre étape (qui ne se trouve qu’a 2km par chance).
Un crochet par les demoiselles coiffées, contraste avec l’ambiance calcaire du Ventoux, et arrivée à Ste Colombe, notre point de départ trois jours plus tôt.
Quelques vidéos du périple (cliquez sur ▮◀ et ▶▮ pour passer d’une vidéo à l’autre).
La trace des trois jours au format GPX et au
L’album photo est ici. La carte ci-dessous présente une partie des photos géolocalisées.
Le rapport uTrack, pour les amateurs de chiffres…
